Transition ou manipulation ? Le spectre d’un retour au «1+4» en RDC

 

Dans un contexte de tensions sécuritaires et politiques en République Démocratique du Congo, les appels à des négociations, notamment initiés par les chefs des églises, suscitent des réactions contrastées. Prof. Pierre Félix Kandolo, dans son analyse, met en garde contre les conséquences de ces discussions, qu’il perçoit comme une manœuvre politique risquant d’aboutir à une transition similaire au modèle « 1+4 », instauré après les accords de Sun City en 2002.

Un risque de transition prolongée ?

L’auteur craint que ces négociations n’ouvrent la voie à une période de transition prolongée, où l’actuel Président, Félix Tshisekedi, resterait au pouvoir tout en supervisant une révision constitutionnelle destinée à légitimer les accords politiques conclus.

« Tout ce qu’on ne veut pas comprendre est que cette voie de négociations va nous conduire à une transition du genre 1+4 », affirme-t-il, en faisant allusion au système de partage du pouvoir qui avait permis à Joseph Kabila de consolider son autorité après les conflits armés des années 1990 et 2000.

Une menace pour la démocratie congolaise ?

L’argument central de l’analyse repose sur la crainte que ces négociations servent de prétexte à une remise en cause du processus démocratique. L’auteur estime que l’inclusion de divers acteurs politiques, y compris des opposants non armés, aboutirait à un partage du pouvoir au détriment de la volonté populaire exprimée lors des élections.

« Ce qui nuit au système démocratique qui ne permet qu’aux gagnants des élections de gérer l’État. »

Il met en garde contre une manipulation des institutions visant à réintégrer des forces politiques et militaires proches du Rwanda dans les organes de l’État, ce qui, selon lui, représente une menace pour la souveraineté nationale.

Dans son analyse, Prof Félix Kandolo a insisté sur une possible influence du Rwanda, qui, selon l’auteur, chercherait à réintégrer ses alliés politiques et militaires congolais dans les hautes sphères de l’État. Il compare la situation actuelle à celle du début des années 2000, où plusieurs figures congolaises ayant collaboré avec le Rwanda avaient finalement été écartées du pouvoir après avoir servi ses intérêts.

« Le cas de Nangaa sera résolu par les Rwandais comme ils avaient résolu ceux de tous les Congolais qui avaient été utilisés par le Rwanda avant Sun City. »

L’auteur invite ainsi à la prudence et à une réflexion profonde sur les véritables enjeux de ces négociations, qui, selon lui, serviraient davantage les intérêts extérieurs que ceux du peuple congolais.

 

Un message d’alerte à l’opinion publique

 

Dans une conclusion empreinte de scepticisme et de désillusion, l’auteur affirme que la démocratie congolaise est en danger et qu’une nouvelle ère de « colonisation politique » pourrait émerger à l’issue des négociations.

« À l’issue des négociations, disons tous adieu à cette fameuse démocratie et vive la deuxième colonisation rwandaise après celle du temps du Président Joseph Kabila Kabange ! »

 

 Entre crainte et réalisme politique

 

L’analyse du Prof. Pierre Félix Kandolo expose une vision critique et alarmiste des négociations politiques en cours en RDC. Elle reflète une inquiétude largement partagée par une partie de l’opinion publique congolaise, qui voit dans ces pourparlers une manœuvre de reconfiguration politique plutôt qu’une solution à la crise actuelle.

 

Si l’histoire récente de la RDC a prouvé que les accords politiques ont souvent servi à stabiliser le pays à court terme, elle a aussi montré qu’ils peuvent favoriser des arrangements de pouvoir au détriment du processus démocratique. La vigilance et l’implication citoyenne restent donc essentielles pour éviter que l’histoire ne se répète au détriment de la souveraineté et des aspirations du peuple congolais.

 

La Rédaction

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